Le dieu de New York de Lyndsay Faye

Bonjour à toutes et à tous,

Cet hiver j'ai dévoré plusieurs ouvrages, bien installée au coin du feu avec, à la main, une bonne tasse de thé.

Pour commencer cette revue de livres hivernaux, voici :

Le dieu de New-York de Lindsay Faye



Edition Pocket/Fleuve noir - traduit de l'américain par Carine Chichereau - paru en 2012.

Catégorie : thriller, historique

4ème de couverture :

New York, été 1845. Timothy Wilde, ancien barman, intègre le nouvellement créé NYPD, le département de la police de la ville. Un choix de raison : il faut bien gagner sa vie, et c'est une travail honnête. Utile, aussi. Entre les arrivées quotidiennes de milliers d'immigrants affamés, les incendies et les crimes, la cité est au bord de l'embrassement.
Lors d'une ronde de nuit, sa route croise celle d'une petite fille effrayée, couverte de sang. Elle affirme fuir un homme qui découpe les enfants. Une fable bien sûr.
C'est du moins ce que Timothy aimerai croire...


Mon avis :

J'ai été happée dès les premières lignes. 
L'auteur nous plonge rapidement dans le New York du milieu du XIXème siècle grâce au narrateur, Timothy Wilde. Barman de son état, il devient l'un des premiers policiers de New York.  Il l'a fait par nécessité et non par choix.

Simple policier en patrouille, il va recueillir une enfant de 10 ans dont les vêtements sont tachés de sang qui s'avère être celui de quelqu'un d'autre.
A-t-elle été témoin d'un meurtre ? Est-ce en rapport avec le cadavre découpé d'un enfant découvert tôt dans la matinée ? 

De part son expérience de barman (écoute et observation attentives) et d'éléments qu'il découvre, Timothy va se voir confier cette enquête, à mener aussi discrètement que possible, par le chef de son district : Mr. Matsell, homme intelligent et intègre.

Notre héros va plonger peu à peu dans les bas-fonds sordides de New York, rencontrer maquerelles, prostituées, garçons des rues travaillant comme vendeurs de journaux ou cireurs de chaussures, des Irlandais qui arrivent par milliers suite à une épidémie qui sévit durement en Irlande, la misère dans laquelle vit la plupart des habitants, ce qu'ils sont contraints de faire pour survivre, le sort des enfants miséreux.

Nous voyons cette ville qui ne dort jamais à travers les yeux de ce policier. Nous avons les mêmes informations que lui pour tenter de comprendre ce qui se trame. Ce n'est pas une mince affaire car sa vie personnelle va régulièrement empiéter sur l'enquête.

Or, celle-ci se complique lorsque le meurtrier envoie des lettres annonçant d'autres crimes. Des crimes perpétrés au nom de Dieu.
Ces missives arrivent entre les mains de Timothy, entre les mains du chef de son district mais également entre les mains du journal local. Suite à leur publication, un sentiment de panique et de méfiance envers les nouveaux arrivants (des Irlandais catholiques alors que la ville est à majorité protestante) se développe un peu partout dans cette cité en pleine expansion.

Mais qui est ce mystérieux meurtrier qui s'en prend aux enfants de la ville ? Y a-t-il une raison politique à cause des prochaines élections ? Est-ce seulement une question de religion et de foi ? 
Timothy va devoir faire vite pour retrouver le meurtrier pour que la cité retrouve sa sérénité.

A cela s'ajoutent ses rapports conflictuels avec son frère (pompier, policier et politicien), de macabres découvertes et son histoire d'amour platonique avec Mercy, fille d'un pasteur qui les a aidé, lui et son frère lorsqu'ils étaient enfants. 

Tous ces éléments sont savamment imbriqués les uns aux autres, les indices savamment distillés, de même que les flash-backs permettant de mieux cernés Timothy et sa relation aux autres. Le style est rapide, haletant mais non dénué de descriptions : juste ce qu'il faut pour bien situer les scènes, les caractères des personnages, l'ambiance de certains quartiers, les relations conflictuelles entre plusieurs communautés.

La ville est minutieusement décrite. Tantôt lumineuse et porteuse de vie, tantôt sombre et meurtrière, elle est un personnage à part entière du roman. Un plan présent dans l'ouvrage permet de mieux se repérer dans les rues et les quartiers.

La manière de parler et le vocabulaire employé nous font passer de la bonne société aux bas-fonds (merci au dictionnaire d'argot en fin d'ouvrage, très pratique pour être sûre de bien comprendre un dialogue), ce qui rend ce thriller est très réaliste, en plus d'un contexte historique bien posé.

J'y ai découvert plusieurs pans de l'histoire américaine que je ne connaissais pas : 1/l'arrivée en masse d'immigrants irlandais sur les côtes américaines, 2/ la création de la police de New York. Cela m'a donné envie d'en savoir plus. Si jamais vous avez des livres sur cette période de l'histoire aux USA, n'hésite pas, je suis preneuse ^_^

Amateurs de roman policier/thriller et de romans historiques, je ne peux que vous conseillez ce roman.

Bonne lecture!


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